Années 1990, en Algérie. Deux soeurs en conversation à coeur ouvert. La cadette
universitaire, refuse le port du hidjab (le voile), s’opposant ainsi à la volonté
de son frère ; l’aînée, femme au foyer, tente de la faire plier. Entre elles, beaucoup
de révolte, de passion, d’incompréhension, mais aussi d’amour et de souffrances
cachées. Dans cet intérieur traditionnel algérien, territoire féminin par excellence,
la parole, heurtée, se libère enfin, hors de tout pouvoir masculin. La maison
devient alors lieu du possible, du rêve, d’ouverture et de retour aux origines. Ici,
l’ombre de la mère disparue revient, à la fois chanteuse et conteuse, pour leur
transmettre une sagesse millénaire.
Dans une langue colorée et pleine d’humour, Slimane Benaïssa, poète algérien
exilé en France, donne la parole à des femmes qui ne l’ont plus, pour dire une
Algérie déchirée entre tradition et modernité. Une Algérie qui peine à renouer
le fil entre ses générations et ne parvient pas à trancher la question du statut de
la femme.
« Moi femme, comment faire pour exister ? Ou simplement pour survivre ?
Dois-je m’exiler de moi ? Devenir étrangère à moi-même ? Dois-je me couper
de mes origines pour trouver ma voie / voix ? »
Un spectacle de brûlante actualité, brillamment interprété, conjuguant force de
la parole et grâce des gestes.